Frédéric Monneyron, professeur de littérature générale et comparée, auteur de nombreux ouvrages sur la mode, dans "La mode et ses enjeux" répond à 50 questions sur ce sujet.
La première question qui m'a interpelée est "Pourquoi la mode peine-t-elle à devenir un objet détude ?" Comparé à d'autres sujets, la mode semble, en effet, être un sujet peu intellectualisé. Est-ce lié à la vulgarisation du terme, du phénomène, de l'objet, et au fait que s'y intéresser peut être vu comme de la superficialité ?
Frédéric Monneyron identifie deux axes de réponses. Premièrement, le vêtement est un objet à première vue banal et de ce fait, son étude apparaît impossible ou inutile. "[Le vêtement] fait tellement partie de notre quotidien qu'on finit par ne plus y penser et, en tout cas, par ne pas penser à faire de lui le lieu d'une réflexion philosophique, sociologique ou psychologique de quelque ampleur."
Deuxièment,dès lors que l'on considère qu'il est plus intéressant ou révélateur de s'intéresser à ce qu'il y a "derrière l'appréhension immédiate des choses, le vêtement ne reflète qu'une apparence trompeuse." En d'autres termes, nous avons à l'esprit que "l'habit ne fait pas le moine", par conséquent il ne semble pas pertinent de l'étudier. Son analyse serait-elle peu fiable ?
Autres questions intéressantes, celles qui traitent de "la mode et ses interprétations". Dans une prochaine note, je décrirai les axes d'étude choisis par Frédéric Monneyron.
Dans "la mode et ses enjeux" (éd. Klincksieck, 2005) les analyses sont faites à la fois sous l'angle historique, philosophique et psychosociologique grâce à l'habile exploitation d'une bibliographie dense composée d'oeuvres d'auteurs comme Balzac, Baudelaire, Freud, Lipovetsky, Poiret Paul...